Air Famille

Comment je suis devenue la marraine d'un taureau !

Les gouttes de sang rouge carmin contrastent avec le blanc du mouchoir. La mince partie de l’oreille de mon filleul m’est attribuée d’une manière solennelle. Je peux sentir entre mes doigts la chair tendre et chaude.

J’ai peur du sang.

Je n’ai point le loisir de divaguer en pensées au sujet de ma phobie sanguine, car je suis Quelques minutes avant de me voir remettre un bout d'oreille.aussitôt surprise par les beuglements affolés de mon nouveau protégé.

En écho, j’entends bébé Laëtie hurler d’impatience à son tour.

Debout, au milieu du champ, je courbe l’échine pour faciliter l’écoulement de ma sueur. Mon panama vissé sur la tête ne parvient pas à cacher mon incrédulité. Je souris à pleine dents dans une ultime tentative de gestion de la situation.

Une pensée me revient en boucle à l’esprit : Comment diable, je vais contourner la question de ma fiche de déclaration douanière « Rapportez-vous des parties d’animal au Canada ? » maintenant que je suis dépositaire d’une oreille bovine ?

Mon filleul vient d'être attrapéJe suis obsédée par la pensée d'éventuels sourcils froncés d'une douanière agacée qui plantera son regard inquisiteur sur moi en demandant « C’est quoi ça ? » (« dé quessé » en traduction québécoise).

-Et moi de bredouiller :« …une oreille de taureau. On me la remise dans une cérémonie à la manade. C’est un grand honneur s’avez madame… ».

Pardon ?

Pire. J’imagine un organisme de défense des animaux qui m’interpelle : "On vous croyait végétarienne Maman Globe-trotteuse ?". Ce à quoi je répondrais visiblement embarrassée : « Oui, c’était avant de manger du kangourou (et trouver que c'est délicieux). La faute à Chéri, tiens.

Récapitulons.

Je me demande parfois si mes proches vont croire mes anecdotes. Je collectionne les histoires atypiques (souvent malgré moi !). Celle-ci restera surlignée dans les annales de la famille Globe-trotteuse.

Il faut rappeler  notre souhait : s’introduire dans la culture du sud ouest de la Provence. Confortablement établi à Village-sur-mer, un lieu niché au cœur de ce coin de pays, nous rayonnons à la recherche des saveurs locales.

Nous sommes servis.

Adoptés  par une charmante famille qui désire nous offrir des souvenirs impérissables de cette terre ensoleillée (350 jours/an, qui dit mieux ?), voilà qu’on a déniché une invitation VIP à la manade.

Une manade est une propriété typique des régions sudistes françaises (Provence, Crau, Camargue) qui regroupe un troupeau de taureaux, vaches et chevaux. Les taureaux cocardiers sont les fiers représentants d’une manade.

Taureaux et chevaux se côtoient à la manade

« Nadine vous attend à la manade, ce dimanche matin » défile notre hôte.

Fidèles au poste, nous préparons notre série de demoiselles en robes soleil à aller découvrir le terroir provençal et son côté cowboy (cowgirl aussi, ça va de soi).

C’est donc par un chaud matin, où résonne le bruyant frottement des ailes des cigales, que nous arrivons dans la superbe allée bordée de platanes centenaires.

Bienvenue dans notre manade

Nadine, fille du propriétaire, nous accueille. Cette belle grande blonde a grandi en courant dans les champs qui entourent le superbe mas de Pernes. « Ma grand-mère habitait le château juste à côté ». La propriété fait face au lieu d’entraînement des taureaux.

Le restaurant de la mande Chapelle

Nous ne tardons pas à voir arriver sur leurs montures fougueuses, les gardians (oui, avec un a), pierre angulaire de la manade. Le jeune manadier (fils de Nadine) est fraîchement détenteur du titre, légué par son célèbre grand-papa. Tous dirigent les troupeaux et connaissent les yeux fermés chaque bête qui s’y trouvent.

Père-fille: Nadine et Albert Chapelle

D’abord, Nadine explique la différence entre le taureau espagnol et celui de Camargue (une région de Provence). Le premier est plus gros et possède des cornes droites. Son frère camarguais est plus petit et ses cornes se recourbent légèrement vers l’intérieur.

Après la visite officielle du domaine, vient le moment solonnel où le manadier va procéderOn tente d'attraper le taurillon qui s'enfuit ! au marquage (ferrade) d’un jeune taureau. Pour cela, il faut l'attraper ! 

Le coup d’envoi est donné !

Les superbes montures blanches galopent aux trousses du taurillon qui s’enfuie à toutes jambes.

Ella et Coco poussent des Ohhh et des ahhh !!!! Un cri de joie jaillit de la foule. La bête détale et réussie….à ne pas se faire attraper. Il paraît que c’est rare.

Les gardians se rabattent une nouvelle fois sur le taureau et voilà Le manadierque...hasta la vista ! il repart de plus belle tout au fond du pâturage et fait défaut une seconde fois. Ça alors, l’orgueil des gardians est piqué au vif !

 

 

Quel spectacle !

 

 

On se met tous à faire de l’anthropomorphisme et devenir empathique pour cet animal qui va recevoir un tattoo au fer chaud sur la croupe.

Nadine nous rassure en nous disant que l’animal ne souffre pas malgré ses gémissements. Ce serait davantage l’inconfort de la position (retenu de force par les gardians) qui la fait frémir.

Je suis choisie en tant que marraine.

C’est ainsi qu’on me remet un « souvenir » (le bout d'oreille) de mon filleul avant de me demander de caresser de la main la nouvelle empreinte dans le cuir de l’animal. Ça sent le brûlé et la fumée qui émane du fer chaud est impressionnante.

On finit par relâcher celui qui se nomme dorénavant Laëti taureau. L'animal ne semble pas rancunier et détale aussitôt.

Tout à coup, je me dis que mon désir d'intégration culturelle va parfois loin.

Notre escapade à saveur western me secoue les puces.

 

Signé,

Maman cowgirl Globe-trotteuse

Manade Albert Chapelle et restaurant Le Bouvino

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Le plus jeune des gardians de la manade

Ci-haut le plus jeune des gardians en exercice.

Moment privilège entre le manadier et un taureau

Le manadier prend un soin jaloux de ses bêtes.

Coco et Ella adorent les chavaux camarguais

Coco (4ans 1/2) et Ella (6ans 1/2) adorent les chevaux !

Les gardians

Les gardians doivent travailler en équipe.

Une partie de l'imposant troupeau.


Publié à 04:10, le 18/08/2013, dans EUROPE en famille, Provence
Mots clefs : globe-trotter avec des enfantsprovence en familleair famillemaman globe trotteusevoyage en famille

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Échanger sa vie

Provence, France

Juillet 2013

 

J'ai joué notre prochain voyage à la roulette russe.

Seul le hasard allait décider. D'abord, quel sentiment exaltant de s'en remettre à cette force aléatoire. Marre de prendre des décisions, on le fait toute l'année. Préparer un voyage et choisir un endroit demande temps et énergie. La liberté commence maintenant: les circonstances de la vie vont décider à notre place de notre prochaine destination.Excitant.

 

Ma petite passagère clandestine était sur le point de se montrer le bout du nez et dans ma lubie de femme enceinte, je voulais « régler » la prochaine destination voyage en famille. Me voilà donc à cocher la mention OUVERT sur le site d'échanges de maison. Ce qui signifie que l'on est ouvert à toutes propositions. C'est clair : la première offre qui concorde sera acceptée par la Famille Globe-trotteuse ! À nous l'aventure...le destin choisira. On est aventuriers ou on ne l'est pas. Et plutôt optimistes dans la famille.

Puis, comme s'il y avait un alignement planétaire, voilà que ma boîte courriel clignote.

Provence-piscine-juillet-enfants-auto

Bingo! La destin a choisi.

Une famille souhaite échanger avec nous. Je réponds dans l'immédiat « C'est oui ».

Mes échangeurs n'en reviennent pas de notre précipitation : « Vous êtes certains ?». Le rosé, les olives, le soleil, la méditerranée, le nougat. Pas une once d'hésitation.On échange notre Nordet contre le Mistral*.

Découvrir une culture à partir du quotidien

La famille Chagui est arrivée la semaine dernière. Je suis à l'aéroport pour les accueillir. Ils débarquent dans la capitale et tout de suite font connaissance avec le climat frisquet québécois; ils demanderont à mettre du chauffage...un 26 juin ! Bienvenue chez nous !

Nous les invitons au chalet, où ils pêchent la truite pour la première fois. Fallait voir la tête de Milan, 8 ans. La fierté accrochée au sourire. Le Québec à jamais tatoué sur le cœur. Me suis assurée qu'ils avaient bien goûté la poutine et vu le Château Frontenac, fais coucou aux baleines et hurler de joie à Valcartier. Ils sont étonnés de constater que l'on vit au vu et au su de tout le monde; peu de clôtures autour des maisons, du vert partout. Même la baguette de la boulangerie de notre coin semble avoir passé le test haut la main. Ils en redemandent et on est heureux de voir qu'ils se plaisent sur la terre qui nous a vu grandir.

Notre tour venu, nous quittons le cœur léger, excités d'échanger ce qui est plus qu'un lieu de résidence, mais l'histoire de toute une vie : des habitudes, des proches, un environnement, une culture.

À notre tour...

Nous échangeons nos vies, l'espace de quelques semaines.

L'épisode provençal bien entamé, la Famille Globe-trotteuse se délecte d'un quotidien doux qui sent bon le pin, la lavande, l'huile d'olive ou le savon de Marseille.

On prend soin de nous : la famille vient s'assurer qu'on ne manque de rien et nous ravitaille en foie gras et en tapenades (trop sympa!). Et en rosé de Bandol. On partage les figues fraîches de leur jardin. Un vrai régal! Quand je vous dis que c'est plus qu'un échange immobilier. On est touchés.

On s'endort avec le tintamarre des cigales.

On a hérité de 13 tortues à nourrir et amuser (pas de soucis, beaucoup de volontaires s'en chargent).

Les filles découvrent les jouets de nos hôtes et c'est l'équivalent de Noël.

On visite le jour et le soir venu on « rentre à la maison ».Facilitant.

Oui, on doit sortir les poubelles et la récupération, nettoyer la piscine; ça fait partie intégrante de l'expérience et de l'immersion.

Faire le marché redevient plaisant:quel choix ils ont les cousins français avec une grande allée consacrée aux yaourts au supermarché (idem pour les fromages).

On apprécie que le temps s'égrène dans un champ de lavande.

On arrête sur le bord de la route juste parce que c'est beau.

Et on musarde, bien entendu.

 

Signé,

 

Maman Globe-trotteuse en Provence

 

  • Le Nordet est un vent québécois.Son acolyte provençal est le Mistral.

 

 

 

Quelle fraîcheur !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Publié à 04:58, le 12/07/2013, dans EUROPE en famille, Provence
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